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Mettre un cheval sur les épaules

63 réponses [Dernière contribution]
Daniel Reyssat
Déconnecté
Inscrit: 23/04/2011

Bonjour, j’ai actuellement au travail un cheval assez rétif, pour tout et pour rien, sans raison apparente. Surtout stressé par l’environnement extérieur. Il faisait du horse-ball avec son cavalier qui ne s’en sortait (donc) pas : beaucoup de mal à passer les boudins gonflables (mais seulement certains jours), peur des autres, de rentrer dans le groupe si les espaces sont trop fermés, peur du ballon, cherchant à fuir tout le temps…

Après un peu de travail dans un environnement pas trop regardant, j’ai commencé à aller en carrière et c’est là que j’ai découvert Pancho dans tout son stress, à tout regarder, port de tête très très haut, à vouloir se cabrer et faire demi-tour quand on veut passer une peu trop près d’un coin (surtout du miroir)…

J’en suis à pouvoir passer partout sur un travail de deux pistes afin de contrôler toutes les parties de son corps dans tout l’espace de la carrière sans défense importante mais avec toujours beaucoup de tension, de retenue, une propension à se mettre fort sur les hanches…

D’où une idée qui me trotte derrière la tête : vu que la défense principale de Pancho est de se mettre debout (ce qui impressionne son cavalier et lui permet de fuir comme il le veut), pourquoi ne pas le mettre un peu sur les épaules volontairement, et annihiler sa prise d’équilibre sur les hanches en faisant continuellement bouger cette partie là. Je pense insister fortement sur les pirouettes renversées, tout ce qui est demi-tour sur les épaules en chassant les hanches pour qu’il perde l’habitude de prendre appui dessus.

Bon, je sais qu’en venant ici avec ces idées je risque de faire hurler les puristes, mais si vous voulez bien me donner votre avis sur cette question, je vous lirai avec plaisir !

Si vous voulez lire les compte-rendus de ce que Pancho a fait, vous pouvez aller voir ici (les dates sont marquées, l’ordre chronologique est de haut en bas) : dundel.fr/pancho/

Daniel Reyssat
Déconnecté
Inscrit: 23/04/2011

Bon, j'ai cogité depuis deux heures et j'en suis arrivé à une autre stratégie (comme quoi ça fait réfléchir de poser le problème par écrit). Je pense reprendre à zéro l'éducation aux éperons afin d'obtenir facilement le pli prononcé décontractant puis l'effet d'ensemble pour tacher d'obtenir ce qu'on pourrait appeler la relaxation par la soumission.

Jean M. B.
Déconnecté
Inscrit: 19/08/2008

Daniel,
Une défense comme celle-là n'est pas du tout un problème d'équilibre et entièrement un problème de comportement. Il est évidemment indispensable de faire disparaître totalement ce genre de comportement, sinon aucune équitation n'est possible.

Deux manières sont envisageables, la première s'en prend aux effets et la seconde aux causes. Bien évidemment la seconde est la meilleure mais la première n'est pas inefficace, elle est simplement plus violente et moins satisfaisante pour l'esprit. Mais le choix dépend aussi des aptitudes de l'utilisateur...

1/ Corriger le cheval vigoureusement quand il se pointe. Une possibilité est le bon coup de cravache entre les oreilles quand il est au plus haut ou un peu avant. Cela nécessite des réflexes car punir un cheval trois secondes trop tard est inutile voire pire que le mal.

2/ Prévoir la défense et envoyer le cheval fortement en avant quand on la sent venir. En effet un cheval utilise cette défense pour indiquer qu'il refuse le mouvement en avant, et si son cavalier lui montre que toute tentative de rechigner sera combattue vigoureusement, il finit par l'accepter. Encore faut-il savoir pousser son cheval en avant sans hésitation et, là encore, au bon moment.

Il y a sûrement beaucoup d'autres possibilités, je n'ai indiqué que celles que je connais comme efficaces...

Mais bon, mettre volontairement son cheval sur les épaules, cela ne me semble pas une bonne idée.

Amicalement,

Daniel Reyssat
Déconnecté
Inscrit: 23/04/2011

OK merci pour vos conseils, Jean.

J'ai pratiqué un peu votre deuxième solution avec ce cheval. La première avec un autre, mais pas tout à fait comme vous la décrivez : c'était plutôt la main que la cravache (car je n'en avais pas toujours sous la main) et dès le début du mouvement (comme s'il y avait un plafond juste au-dessus de sa tête), ça a plutôt bien fonctionné.

Par contre, pour ce cheval Pancho, je pense qu'aucune des deux solutions n'est adaptée. En effet il ne fait pas que se lever à certains moments précis pour se défendre, mais il est submergé par le stress pendant un certain temps parfois et il adopte une position très rassemblée sur une longue distance. En fait, avec moi il ne se cabre quasiment plus mais est très souvent sous tension extrême.

upwelling
Déconnecté
Inscrit: 23/11/2011

les symptômes que vous décrivez sont les symptomes d'un cheval qui a une difficulté physique à porter le poids humain ...

et si c'est bien cela ,  il faut que vous appreniez à longer un cheval jusqu'à ce qu'il libere les tensions de son dos , et ce savoir faire là est compliqué à acquerir . 

c'est dans le fait de recevoir un enseignement de qualité sur comment bien longer un cheval , que viendra votre solution .

Paradoxalement c'est en comprenant comment un cheval est à l'aise dans un travail " hors la selle " , que l'on commence à comprendre et à sentir comment un cheval est à l'aise ou dysfonctionne une fois qu'il est monté ..

le probleme est dans le poids , pas dans la volonté , s'il avait un vrai probleme de volonté il ne vous laisserait même pas mettre le pied à l'étrier ... 

 

 

upwelling
Déconnecté
Inscrit: 23/11/2011

 maintenant en face d'un probleme de poids et de portance , si vous sortez l'arsenal des éperons , des effets d'ensemble , et tous les raffinements de ce type ,

sachez que vous sortez toute la panoplie de ce qu'il ne faut surtout pas faire , si vous souhaitez son bien ... 

 

Christopher Cunningham
Déconnecté
Inscrit: 24/06/2007

Bonsoir,

D'accord avec tout ce qui a été dit. Peut-être pas inutile de rappeler que pour se cabrer un cheval commence par s'acculer en se poussant vers l'arrière avec ses antérieurs et, c'est là l'intéressant, avec un antérieur plus qu'avec l'autre (généralement le gauche).

De l'arrêt, pour s'ébranler au pas, le cheval commence toujours par lever et avancer un antérieur. L'habituer à toujours démarrer de l'antérieur gauche (si c'est bien sur ce dernier qu'il prépare sa défense) par appel du talon gauche et touchette de cravache sur l'épaule ne saurait nuire (à faire aussi à pied). Cela ne suffira pas à résoudre le problème mais peut y contribuer. Ensuite demander le mouvement en partant à volonté de l'un ou l'autre antérieur. De toute façon, l'exercice est intéressant.

On  peut ensuite jouer sur le pli. Léger pli à gauche quand il lève l'antérieur gauche et léger pli à droite quand il lève l'antérieur droit. Cela peut aider à retrouver une locomotion sereine au pas (mouvements sinueux du crocodile) encolure étendue. Puis s'attacher aux transitions pas/trot sans qu'il remonte les oreilles.

Bon courage.

Daniel Reyssat
Déconnecté
Inscrit: 23/04/2011

Merci à vous !

Jje vous suis Upwelling, c'est vrai qu'il n'est pas très à l'aise en longe et que je n'y avais pas prêté assez attention. Sans doute par envie (dans le sens besoin, hein) de se confronter au problème rapidement (je devais avoir le cheval un mois, le proprio vient de me dire qu'il envisage de me le laisser plus longtemps).

Daniel Reyssat
Déconnecté
Inscrit: 23/04/2011

Bon, on a repris le travail en longe ce matin : au pas, ça va, il se pousse correctement, il est relaché, encolure basse...

Au trot c'était tout de suite beaucoup plus compliqué : assez raide dans son allure, tête haute, cheval droit comme un bout de bois... Au fur et à mesure des changements de diamètre, des doublers, des changements de main, etc, ça a été plutôt mieux. On a obtenu quelques descentes d'encolure par-ci par-là. Il est plutôt plus bas à main droite mais il faut le pousser un peu, plus allant à main gauche mais plus délicat à décontracter.

A suivre...

upwelling
Déconnecté
Inscrit: 23/11/2011

 Cela me parait de bons débuts . Personnellement je me dis que la figure géométrique du cercle à toujours de tres bons arguments pour s'adresser au corps et à l'esprit d'un cheval . On obtient assez naturellement , par le seul fait de bien longer un cheval et d'utiliser intelligemment la figure géométrique , beaucoup de décontraction ... 


 

Christopher Cunningham
Déconnecté
Inscrit: 24/06/2007

Tout à fait d'accord, Upwelling. Le compas et l'équerre sont les premiers outils du cavalier. Car ils s'adressent à l'entendement du cheval.